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les Didot et la typographie moderne (1782-1819) : exposition et conférence

Les Didot et la typographie moderne (1782-1819) exposition du 14 octobre au 15 novembre 2014 bibliothèque Louis Aragon, 51 rue de la République, 80000 Amiens conférences le jeudi 16 et le vendredi 17 octobre 2014 ministère de la culture – DRAC Picardie, 5 rue Henri Daussy, 80000 Amiens partenariat : Ecole supérieure d’art et de design d’Amiens exposition (Bibliothèque Louis Aragon) La famille Didot, dont les membres les plus illustres sont imprimeurs, éditeurs, libraires, graveurs et fondeurs de caractères, papetiers mais aussi technologues et érudits, impose sa marque pendant trois siècles dans l’univers du livre, de l’imprimé et de la typographie. C’est notamment dans ce domaine qu’ils provoquent, en plusieurs phases successives, de profonds changements dans les formes des caractères, alors toujours tributaires de celles de Claude Garamont et de Pierre-Simon Fournier. Après 1800, cette typographie « moderne » supplante l’ancienne dans un contexte de renouvellement sans précédent qui touche simultanément le Royaume-Uni ou l’Italie et domine la majeure partie du XIXe siècle. Plus de deux cents ans après leur introduction, les caractères typographiques des Didot connaissent un regain d’intérêt. Le propos de cette exposition, couvrant la période de leur apparition et de leur développement, est de présenter la sélection la plus représentative de ces caractères, tels qu’ils ont été employés dans les propres ouvrages et spécimens de leurs créateurs. Cette exposition montre par ailleurs leurs plus récentes recréations et interprétations numériques. Pour accompagner cet événement, une conférence de deux jours sera animée par des historiens, des chercheurs et des professionnels reconnus dans le domaine de la typographie, qui se sont intéressés aux multiples aspects de l’œuvre des Didot. Commissariat scientifique : Sébastien Morlighem Conférences (Amphitéâtre Robida / DRAC de Picardie) Jeudi 16 octobre 2014 9h30 — Accueil du public 10h — Geneviève Guilleminot Jeanne Veyrin-Forrer et le renouveau des études typographiques en France Au début des années 1960, Jeanne Veyrin-Forrer, alors conservateur à la Réserve du département des imprimés de la Bibliothèque nationale, a fait entrer l’étude de la typographie, et tout particulièrement celle des Didot, dans le champ de la recherche érudite en France en combinant l’examen des spécimens typographiques et des ouvrages originaux avec les sources d’archives. Elle a été notamment influencée par les travaux de chercheurs anglo-saxons qui avaient abordé ce domaine depuis plusieurs décennies. 11h — Sébastien Morlighem Les Didot et la typographie moderne : histoire d’une recherche Auteur d’une thèse intitulée The ‘modern face’ in France and Great Britain, 1781–1825: typography as an ideal of progress et soutenue en mai 2014 au Département de typographie et communication graphique de l’université de Reading, Sébastien Morlighem reviendra sur cette expérience de recherche, en retraçant le parcours des Didot en regard d’un contexte historique particulièrement riche en bouleversements technologiques, esthétiques, mais aussi politiques et économiques. 12h — Pause déjeuner 14h15 – Paul Barnes (conférence en anglais) Les caractères Didot et modernes pour le design éditorial et la mode Les domaines du design éditorial et de la mode sont dominés par des caractères modernes fortement contrastés, et encore davantage par un style « français » illustré par les Didot et leurs émules. Paul Barnes décrira comment un petit nombre de graphistes émigrés européens (Dr Mehemed Agha, Alexey Brodovitch et Alexander Liberman) ont importé et popularisé ces caractères dans les années 1930. Plus tard, William Golden choisira le style Didot pour l’identité visuelle de la chaîne de télévision CBS, tandis que Jonathan Hoefler en créera une nouvelle version au début des années 1990 pour le magazine Harper’s Bazaar. Barnes présentera son travail de réinvention du style Didot avec Christian Schwartz pour le magazine Vanity Fair. 15h30 — Gerry Leonidas (conférence en anglais) Les caractères grecs de Firmin Didot : une magistrale interprétation à l’héritage durable Gerry Leonidas soulignera dans un premier temps comment les caractères grecs de Firmin Didot ont représenté une modernisation décisive de l’écriture grecque, en comparaison avec ceux de ses prédécesseurs immédiats (Wilson, Baskerville, Fournier) et de ses contemporains (Bodoni). Dans un second temps, il expliquera comment ce style a survécu et est devenu une référence de premier ordre pour la typographie grecque, continuant à inspirer des revivals contemporains. 17h — Visite de l’exposition Les Didot et la typographie moderne (1782-1819) à la Bibliothèque Louis Aragon Vendredi 17 octobre 2014 10h – Sébastien Morlighem Les premiers caractères des Didot (1781-89) Les frères François-Ambroise et Pierre-François Didot, tous deux imprimeurs et éditeurs, ont initié les prémisses d’un changement radical dans les formes des caractères typographiques en décidant de créer leurs propres fonderies. Une attention particulière sera portée au travail de leurs graveurs de poinçons respectifs, Pierre-Louis Vafflard et Jean-Baptiste-François Gérard, ainsi qu’à celui d’Henri Didot, fils de Pierre-François, dont l’importance et la variété méritent d’être remises en évidence. 11h15 — James Mosley Pierre & Firmin Didot et l’Imprimerie impériale Après avoir présenté l’évolution des caractères de Firmin Didot depuis ses débuts en 1783, James Mosley évoquera particulièrement le « Didot millimétrique », une série que Firmin créa au début des années 1810 pour l’ancienne Imprimerie royale, devenue impériale après le sacre de Napoléon. Il reviendra par ailleurs sur d’autres aspects des relations des frères Didot avec cet établissement, notamment l’installation de Pierre dans les anciens locaux de l’imprimerie au palais du Louvre à la fin du XVIIIe siècle. 12h30 — Pause déjeuner 14h30 – François Rappo Modernité et ambiguïté : la typographie de Pierre Didot (1812–19) Pierre Didot a développé avec le graveur de poinçons Joseph Vibert une nouvelle série de caractères romains et italiques dans les années 1810. Par une présentation du spécimen de sa fonderie, de ses éditions contemporaines et d’autres, ultérieures, par des comparaisons historiques et contemporaines, François Rappo propose l’hypothèse suivante : qu’il s’agit là de la recherche plus spécifique d’un caractère de texte qui explorerait une autre « esthétique » de la lecture que les caractères de Firmin Didot, davantage associés au classicisme. L’aspect peut-être délibérément anachronique de cette hypothèse sera souligné. 15h45 — Loïc Sander Des Didot au Trianon : un air de famille Les caractères des Didot ont d’abord servi le livre et le texte. Aujourd’hui, il est bien difficile de trouver un Didot numérique qui puisse survivre à un dur labeur. Ce style n’est plus défini que par son contraste et ses lettres sont devenues trop raffinées pour assurer une lecture confortable. Pourtant, des livres passés — et agréables à lire — rapportent qu’il est possible de composer de longs textes avec des types Didot. C’est dans un de ces livres qu’est née l’idée du Trianon : d’abord caractère de labeur, puis famille conçue en hommage aux variations et aux héritages de la typographie moderne française. 17h — Clôture L’exposition et les conférences sont organisées par les Bibliothèques d’Amiens Métropole et l’Ecole Supérieure d’art et de design d’Amiens. Elles bénéficient du soutien du Ministère de la Culture. Réservations obligatoires : Bibliothèque Louis Aragon Gisèle Lamendin g.lamendin@amiens-metropole.com tel : 03 22 97 10 10 http//bibliotheques.amiens.fr École supérieure d’art et de design Barbara Dennys b.dennys@amiens-metropole.com www.esad-amiens.fr Affiche Didot Programme Didot