« Je reviens vers vous avec des nouveaux éléments de langage » Camila Oliveira Fairclough

Vernissage : mardi 7 janvier 2020 à 17 h 30

Exposition : du 7 au 30 janvier du lundi au vendredi, de 10h à 18h.

Œuvre produite avec le concours du Centre Pompidou Accélérations / Tilder

Commissaire : Victor Guégan
Design graphique : Julie Colas
Remerciements : Marguerite Ducroquet, Stéphanie Davergne, Keren Detton, Jean-Pierre Krouchi

Faire une exposition de peinture dans l’espace d’une école de design dédiée au graphisme et à la communication visuelle, tel est le défi proposé à Camila Oliveira Fairclough. Peintre née au Brésil en 1979 et vivant à Paris, l’artiste puise une partie de son inspiration dans son quotidien. Elle travaille « à partir de ce qu’elle voit » et donne, notamment, une seconde vie aux images vernaculaires et commerciales, lesquelles sont souvent traitées comme des consommables jetables et indignes de notre mémoire patrimoniale. Qu’il s’agisse de papiers d’emballages élevés au rang de « ready-made », de pièces de tissu pour maillot de bain tendues sur châssis ou encore d’images publicitaires superposées les unes aux autres, Camila Oliveira Fairclough arrache signes et images à leur fonction d’origine, les plaçant dans un espace pictural dégagé de toute obligation de sens.

L’exposition « Je reviens vers vous avec des nouveaux éléments de langage » ose établir un parallèle entre la récolte visuelle du quotidien de l’artiste et la figure d’un collectionneur de plaques émaillées qui, dans les friches urbaines, s’empara en son temps d’images publicitaires et les sauva ainsi d’une obsolescence mémorielle programmée. Sur la base de cette intuition, Camila Oliveira Fairclough instaure un dialogue avec cent-quatre-vingt-sept plaques émaillées réunies par Jean-François Danquin et déposées à l’Esad. Les œuvres de l’artiste et une sélection de plaques publicitaires qu’elle a choisies dans cette collection sont présentées pêle-mêle et sans que l’on distingue toujours les premières des secondes. Des clins d’œil au dessin de caractère contemporain (le Minimum de Pierre di Sciullo), à l’histoire du graphisme (Cassandre) ou encore à l’artiste Marcel Broodthaers (Cinéma modèle), « émaillent » aussi les murs de cet accrochage, brouillant avec une évidence déconcertante tout regard qui cherche à isoler le grand art du joyeusement banal.